Après les purges techniques des derniers épisodes, j’étais décidé à ne plus donner un centime à la licence. Mais avec une Switch 2 qui prenait la poussière et des trailers de Pokopia aux airs de Dragon Quest Builders, j'ai fini par craquer et... Miracle ! C’est sans doute le vent de fraîcheur que la franchise attendait depuis dix ans.
Entre liberté et routine
Il est parfois difficile de ne pas se perdre dans un "sandbox", mais Pokopia gère parfaitement son rythme. Après un court passage dans une grotte servant de tutoriel, on est libéré dans une prairie où l'on apprend vite les bases : arroser le sol pour redonner vie à la flore, couper du bois ou casser des blocs. En quelques minutes, les clés de compréhension sont là, portées par des objectifs toujours clairs qui empêchent de tourner en rond inutilement.

Un écosystème sans violence
Ce qui frappe immédiatement, c'est le virage radical de cet opus : ici, on ne se bat pas. Contrairement aux épisodes classiques où le dressage passe par l'affrontement, Pokopia mise sur la cohabitation. J'ai toujours trouvé le concept des combats de monstres un peu absurde ; ici, le but est d'offrir aux Pokémon un endroit de vie confortable pour qu'ils s'épanouissent et contribuent à l'écosystème. On ne "soumet" pas la créature, on l'invite à s'installer. C'est en prenant soin de l'habitat que les Pokémon décident de s'investir en retour, créant une harmonie bien plus satisfaisante que n'importe quelle arène.
Logez-les tous !
La mécanique principale n’est pas d’attraper les Pokémon, mais de créer les conditions propices à leur venue. Quatre herbes alignées au sol ? Un Bulbizarre apparaît ! Un peu de verdure au bord de l’eau ? Bonjour Carapuce ! Chaque Pokémon habite son propre lieu de vie et peut vous aider à cultiver, éclairer ou construire selon ses capacités. C’est à vous de décider si vous voulez bâtir de jolies maisons meublées ou les laisser vivre dans leur habitat naturel.

Une (Cara)baffe technique (qui ne vient pas totalement de Game Freak)
Pokemon Pokopia, est tout simplement le plus beau jeu de la licence à l'heure actuelle. C'est propre, net et surtout d'une fluidité exemplaire sur Switch 2. Il est d'ailleurs ironique de constater que le titre le plus abouti visuellement ne soit pas développé par Game Freak. On sent qu'un nouveau studio a pris les rênes pour offrir enfin l'écrin que méritaient ces créatures. Seul bémol : le découpage en biomes impose des temps de chargement entre chaque zone, ce qui peut casser le rythme lors des sessions intensives de décoration.
Le mot de la fin : Pokopia est une réconciliation inattendue. En rangeant les Pokéballs pour privilégier la construction et l'écologie, la licence retrouve le vent de fraîcheur qui lui faisait défaut. Un indispensable pour les amoureux de gestion et les déçus de la première heure.